Tu veux faire quoi dans la vie ?

J’ai toujours rêvé de créer ma propre entreprise. Enfin, pas exactement…

Dans mon enfance, je voulais devenir chanteuse. Je gagnais tellement souvent nos concours de chants entre voisines que je me suis mis cette idée dans la tête. Plus tard, les circonstances et les personnes qui gravitaient autour de ma bulle m’ont influencée. Ma carrière idéale changeait chaque jour  : docteur, biologiste, écrivain, journaliste, archéologue, et bien plus encore. En fait, je n’avais jamais pris le temps d’y penser. J’étais tout le temps occupée à étudier, à faire les corvées, à m’amuser, à travailler, à rendre service, etc. A chaque entretien d’embauche, je jouais un rôle. Le rôle de celle qui sait exactement ce qu’elle veut faire dans la vie. Je m’inspirais du poste à pourvoir et j’essayais de le relier avec mon profil. Et ce manège marchait souvent ! Je me disais qu’à force de jouer, un jour je tomberais sur le bon rôle. Mais au final, je me suis lassée de jouer. Signe que je grandis?

Il existe d’innombrables moyens de faciliter notre choix de carrière. Idéalement, c’est dans le jeune âge qu’il est important de le définir, pour être rationnel et logique dans nos choix. Mais force est de constater que ce n’est pas souvent le cas. Dans le contexte de mon pays, Madagascar, les jeunes sont souvent accusés de ne pas avoir d’objectif et de vision à long terme. Ils se trompent de filière, ils ne s’épanouissent pas au travail, ce sont des nomades professionnels, c’est-à-dire qu’ils papillonnent d’un boulot à l’autre. De ce choix de carrière dépendra, pourtant, les projets dans lesquels on s’investira, les relations qui vont durablement faire partie de nos vies, et la vision qu’on aura du lendemain qui n’est pas si loin.

Je propose quelques étapes pour définir ce choix :

  1. Bien se connaitre soi-même

C’est une étape classique, certes, mais non la moindre. Ça me souviens d’une caricature que j’ai aperçue dernièrement. Exposée à l’Institut Français de Madagascar (IFM), elle montre un enfant accompagné d’un adulte. Ils sont devant un mur où sont inscrites en rouge les phrases suivantes : je suis Charlie, je suis Israël, je suis Paris, etc. L’enfant s’exclame alors : « je suis…qui? ». Ça m’a interpellé. Cette crise identitaire, cette méconnaissance de soi est partagée. Dans nos sociétés actuelles, on s’identifie tellement aux autres que parfois on s’oublie et on s’efface. Avant de faire partie d’un tout, on est « soi ».  Chacun saura mieux conduire sa vie s’il a la capacité de penser son propre fonctionnement. C’est-à-dire reconnaître les situations qui vous mettent à l’aise, vos points forts et vos points faibles, vos goûts et dégoûts, etc. Vous pourrez alors faire face à vos faiblesses, investir dans vos points forts et être autonome. En psychologie, cette capacité a un nom : l’intelligence intrapersonnelle. On peut la développer en faisant une observation de notre monde interne, des tests de personnalités, en lisant des livres sur ce sujet, etc.

2. Dessiner sa trajectoire de vie.

Il est utile de dessiner sa trajectoire de vie. J’ai observé une formation qui utilisait le « mandala » pour amener les participants à penser leur vie. « Mandala » signifie cercle. C’est généralement une représentation graphique de l’essence, de la source. Les moines bouddhistes l’utilisent comme support de méditation. Dans notre contexte, le mandala est un dessin que l’on fait soi-même, pour exprimer notre vécu, notre présent et le futur qu’on se représente. C’est en fait très utile pour voir d’un regard neuf les épreuves qu’on a traversées, ce qui nous différencie de la personne qu’on était hier, et construire celle qu’on sera plus tard. En bref, c’est primordial de considérer chaque instant qu’on a traversé. Tous ces moments ont contribué à construire qui nous sommes aujourd’hui. Ils sont une piste pour définir la suite de notre trajectoire.

©GDJ/Pixabay
Mandala ©GDJ/Pixabay

3. S’inspirer

Se connaitre et dessiner sa trajectoire de vie est une chose. Évaluer les directions « potentielles » à prendre est autre chose. Il y a tellement de métier qu’on peut faire mais qu’on ne connait pas assez pour le vouloir. Soyez informés sur les métiers qui vous intéressent et assistez aux conférences traitant de vos domaines de prédilection. Vous pourriez y rencontrer votre métier, qui sait ? Surtout, soyez curieux!

4. Définir son plan de carrière.

Arriver à cette étape, vous devriez avoir une petite idée de ce que vous voulez faire, n’est-ce-pas ? Il est temps de définir un plan de carrière. Comme tout plan qui se respecte, il faudra définir le contexte (le vôtre), les ressources (vos qualités) et les chemins indispensables que vous devrez suivre pour arriver à votre objectif de carrière (notamment l’obtention de diplôme, les expériences, etc.). Et bien sûr, il faudra suivre le plan.

5. Avoir de la discipline

Enfin, il vous faudra énormément de discipline. La discipline, dit-on, est de savoir ce que l’on veut vraiment et de ne jamais l’oublier. Écrivez cet objectif de carrière auquel vous aspirez et gardez le précieusement. Vous l’atteindrez au prix d’un dur travail.

Chers jeunes et moins jeunes, il y aura toujours des moments où les gens vont vous demander : « Tu veux faire quoi dans la vie ? », « Comment tu te vois dans 10 ans ou 20 ans? », et autres questions « existentielles ». Il ne suffit pas de répondre pour donner l’impression qu’on sait ce qu’on veut. Soyons honnête et rigoureux. Apprenons à écouter notre voix et travaillons à la mettre en harmonie avec ce que l’on sera demain.  Allez à la guise du vent ne mène nulle part, osons planifier nos ambitions!

Le plus important, Luther King l’a dit : « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement ».

Libre à vous de méditer…

Sinon, tu veux faire quoi dans la vie ?

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