Penser et panser le chômage des jeunes

– « Comment tu te vois dans 5 ans ? » me demande un camarade

– « J’aimerais voyager, beaucoup voyager. J’aimerais trouver un travail qui puisse me permettre de faire le tour du monde. Et toi ? »

– « Moi », dit-il, un peu embarrassé, « je n’ai pas autant d’ambition. Je veux juste un travail qui me permette de vivre et de subvenir aux besoins de ma famille. »

Cette conversation date d’il y a 5 ans. Mot pour mot, je lui ai dit avec une énorme confiance que dans 5 ans, je me voyais avec un boulot extraordinaire, qui m’emmènerait au bout du monde. Pourtant, l’eau a coulé sous les ponts et je n’ai pas trouvé mon boulot de rêve ni même encore franchi la frontière du monde dans lequel je vis. De quoi rendre la grande rêveuse que je suis plus réaliste et plus consentante à poser mes pieds sur terre. Combien de jeunes ressentent ce sentiment de vide au vue du non-accomplissement de leurs aspirations professionnelles ? Combien se demandent s’ils ont pris la bonne décision lorsqu’ils se rendent compte, impuissants, qu’ils sont passés à côté de beaucoup d’opportunités en se réservant à une opportunité à laquelle ils aspiraient ? Toute cette frustration, ce sentiment de vide et d’exclusion se retrouve dans un mot, un mot familier au statut professionnel des jeunes : le chômage.

A partir de la définition donnée par le Bureau International du Travail (BIT), nous retenons qu’être chômeur est défini par trois critères : être sans travail, être disponible pour travailler, et être à la recherche d’un emploi. Les statistiques montrent que les jeunes sont les plus touchés par le phénomène.

Étant moi-même jeune, je serais tentée de pointer du doigt le système scolaire et les exigences du milieu du travail, tentée d’accuser les circonstances et le contexte de crise dans le monde, tentée de toujours accuser les autres et de me plaindre constamment de mon sort. Pour sortir de cette mauvaise habitude de rejeter la faute à tous sauf à soi, je propose de penser autrement le chômage, penser le chômage de manière à ce qu’il fasse plus de bien que de mal.

Être au chômage, c’est avoir du temps pour soi. Beaucoup de jeunes ont des difficultés à intégrer le monde professionnel malgré leurs diplômes et leurs potentiels. Pourquoi ? Parce qu’ils n’arrivent pas à affirmer leur personnalité dans cet environnement nouveau qu’est le travail. Travailler, ce n’est pas simplement mettre en pratique ce qu’on a appris sur les bancs de l’école, c’est surtout apprendre ce qu’elle ne nous a jamais appris : la confiance en soi, la maîtrise de soi en toutes circonstances, la persévérance et la recherche de l’excellence.

La vie m’a appris que réussir a l’école ne garantit pas ma réussite dans le monde professionnel, c’est plutôt une activité qui demande un investissement et une valorisation de notre personne et de notre personnalité. Voilà pourquoi, il est très important de se connaître, d’avoir du temps pour se connaître, s’apprivoiser, s’affirmer et être capable de se valoriser dans le milieu professionnel.

Comment rentabiliser le chômage de manière à se connaître et à s’apprivoiser ?

1. En suivant les conseils d’une des blogueuses de LVDJ UNICEF : en pratiquant la méditation (http://www.voicesofyouth.org/fr/posts/peace-in–peace-out). C’est une activité qui permet de se centrer sur notre « soi » et de cultiver par soi-même une paix intérieure pour pouvoir se maîtriser en toutes circonstances.

2. En faisant des tests de personnalités, pour déterminer nos points forts et nos points à améliorer et à travers ces résultats, entreprendre des activités pour développer notre personnalité : à travers le théâtre si on est trop introverti, l’apprentissage à la rigueur si les résultats ont montré qu’on ne respecte pas trop les délais dans nos activités quotidiennes, etc.

3. En étant disponible pour cultiver ses connaissances : assister à des ateliers et des conférences publiques, lire des livres, suivre des cours présentiels à l’université ou des cours en ligne. Il existe notamment des cours en ligne gratuits proposés par des universités reconnues dans le monde : www.coursera.org, www.edx.org

Réduire le chômage, c’est investir sur soi-même, de manière à être prêt à entrer dans la cour des grands, celle des « non-chômeurs ». On peut investir pendant la période de chômage, non pas en terme financier, vu qu’on n’a aucune entrée d’argent, mais plus en terme personnel, pour mieux vivre et intégrer le monde professionnel.

Face au monde qui change, comme l’a dit Francis Blanche, mieux vaut penser le changement que changer le pansement. Delà, changer notre façon de penser le chômage, c’est une façon de changer notre vie!

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